Cet article est le résultat d’un devoir fait dans le cadre d’une formation, il a donc été relu par un professionnel avant d’être publié ici.


Rôle du calcium dans l’organisme.

Le calcium est un nutriment essentiel. C’est un sel minéral principalement localisé dans les os et dont le rôle principal est d’assurer la rigidité du squelette. En dehors des os, il intervient également au niveau musculaire où il joue un rôle dans la contraction musculaire. On le retrouve aussi comme composant principal de la coquille des œufs au moment de la reproduction.
Cet élément est important à prendre en considération dans la nutrition des perruches et perroquets vivant en captivité, car il peut être à l’origine de nombreuses pathologies. Il n’est pas synthétisé par l’organisme et doit donc être apporté par l’alimentation.

Interactions et associations avec d’autres éléments.

Le calcium est dépendant d’autres éléments pour être correctement assimilé et fixé par l’organisme.

On peut noter deux principaux éléments qui sont nécessaires au métabolisme du calcium :


  • Le phosphore qui est également un minéral. Il est indispensable pour absorber le calcium apporté par l’alimentation mais en quantité trop importante il peut aussi le bloquer. On parle alors de rapport phosphocalcique Ca/P. L’idéal chez les oiseaux étant d’avoir une ration alimentaire ayant un rapport de 1,5 à 2 Ca pour 1 P. En dessous du rapport 1/1, on pourrait induire une carence en calcium.
  • La vitamine D, et plus précisément la vitamine D3 (cholécalciférol) joue un rôle essentiel dans l’absorption puis dans la fixation du calcium sur les os. Cette vitamine est synthétisée au niveau de la peau grâce aux rayons du soleil. Il est donc très important que les oiseaux aient accès à la lumière naturelle directe (les vitres filtrent une grande partie des UV), ou bien que la cage soit équipée de lampes UV adaptées dans le cas d’une détention en intérieur. Une carence en vitamine D3 induira une carence en calcium.


A l’inverse certains éléments peuvent entraver le métabolisme du calcium. C’est le cas de l’acide phytique et de l’acide oxalique. Ces deux acides peuvent se lier au calcium et ainsi empêcher sa bonne assimilation par l’organisme. On les retrouve notamment dans les épinards, le fenouil, et les choux de Bruxelles pour l’acide oxalique, et dans l’enveloppe des céréales et dans les légumes secs pour l’acide phytique.

Effet d’une carence en calcium chez les psittacidés.

La carence en calcium, appelée hypocalcémie, est malheureusement fréquente chez les psittacidés. Elle touche principalement les perroquets et perruches recevant un régime alimentaire non adapté type 100% graines, et les oiseaux dit « de compagnie » détenus en intérieur et n’ayant pas un accès suffisant aux rayons UV. Certaines espèces y sont particulièrement sensibles, c’est le cas du perroquet Gris du Gabon Psittacus erithacus.

Cette carence peut affecter l’oiseau à différent niveaux. Voici les pathologies que l’on peut rencontrer.


Au niveau osseux :

  • Rachitisme chez les jeunes oiseaux, les os en croissance ne se minéralisent pas correctement.
  • Ostéomalacie, c’est l’équivalent du rachitisme pour les adultes. Il s’agit d’une décalcification osseuse, le calcium est réabsorbé au niveau des os pour compenser le manque.

Dans les deux cas, cela provoque des membres déformés (notamment chez les oiseaux en croissance), des fractures, des boiteries, un plumage en mauvais état, et un bec mou.

Au niveau du système reproducteur :

  • Rétention d’œuf chez les femelles, appelé mal de ponte. Ceci est dû à un défaut de contraction des fibres musculaires utérines qui ne jouent plus leur rôle correctement pour expulser l’oeuf. Lorsque cela arrive, il s’agit d’une urgence vitale car la femelle risque de mourir si elle ne reçoit pas rapidement les soins appropriés.
  • Oeufs mous ou hardés (sans coquille).
  • Diminution de la ponte.

Au niveau du système nerveux :

  • Convulsions.
  • Chutes de perchoir soudaines.

Effet d’un excès de calcium.

L’excès de calcium, appelé hypercalcémie, est rare. Bien souvent, quand elle existe, elle a été provoquée par un excès de vitamine D3 (hypervitaminose D3). L’hypercalcémie peut à terme provoquer une minéralisation des tissus mous et une calcification au niveau rénal. 
L’hypervitaminose D3 résulte d’un mauvais usage des compléments alimentaires vitaminés. En effet pour les oiseaux exposés à la lumière naturelle ou à des lampes à rayons UV et sans problème particulier de santé, aucune complémentation de cette vitamine n’est nécessaire.

De quelle façon apporter suffisamment de calcium dans l’alimentation ?

Les besoins quotidiens en calcium varient selon les individus. Les besoins ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agisse d’un jeune en croissance, d’un adulte, ou d’une femelle en période de ponte. Idéalement, la ration quotidienne devrait comprendre entre 0,3 et 1,2 % de calcium.

Les perruches et perroquets qui sont nourris avec une base d’extrudés n’ont pas besoin d’être complémenté en calcium puisque ces granulés pour oiseaux contiennent tous les nutriments nécessaires. Toutefois, il est important de choisir des extrudés avec une formulation bien adaptée à chaque espèce et de veiller à leur bonne conservation afin qu’ils ne perdent pas leurs qualités dans le temps.

En ce qui concerne ceux nourris avec un mélange de graines associée à des fruits et légumes, il est nécessaire de fournir un complément en calcium. En effet, les mélanges de graines sont souvent assez pauvres en calcium et possèdent de surcroît un ratio Ca/P trop faible. La plupart des fruits et légumes possèdent eux aussi une teneur peu élevée en calcium (<100mg/100g). 


Parmi les compléments alimentaires disponibles, plusieurs sont intéressant :

  • L’os de seiche qui est composé principalement de calcium. On peut le laisser en permanence à la disposition des oiseaux, ainsi, ils le consommeront selon leurs besoins.
  • Des blocs d’argiles riches en minéraux peuvent aussi être proposés et laissés en libre-service. Selon les marques, la teneur en calcium varie en moyenne de 7 à 15 %.

D’autres aliments possèdent une richesse en calcium importante et peuvent être intégrés dans la ration quotidienne :

  • Les amandes et les noix qui contiennent entre 100 et 240mg/100g de calcium selon les variétés. Elles sont à distribuer avec parcimonie selon les espèces car elles sont très riche en lipide.
  • Du pissenlit qui contient environ 150mg/100g de calcium.
  • Des figues sous forme sèche qui contiennent environ 167mg/100g de calcium.
  • Les graines de chia qui contienne environ 630mg/100g de calcium.
  • Les graines de sésames qui sont généralement absente des mélanges tout prêt, mais qui contiennent environ 950mg/100g de calcium.
  • L’ortie qui contiendrait plus de 1000mg/100g de calcium. Il est par exemple possible de distribuer de l’ortie fraiche hachée en mélange avec de la pâtée d’élevage, ou bien de proposer des plantes entières lorsqu’elles sont en graines (laisser sécher les feuilles avant pour supprimer l’effet urticant).

Dans le cas d’un perroquet ou d’une perruche ayant déclaré une carence en calcium, il existe des produits très concentrés sous formes de liquide ou de poudre qui peuvent être ajoutés à l’eau de boisson ou bien à de la pâtée d’élevage. Selon les besoins, ces produits existent avec association ou non de vitamine D3.


Bibliographie et sources :

calcium perruche perroquet